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LES COMPAGNIES FRANCHES DE LA MARINE


merle-3.jpgLes miliciens canadiens, malgré leur efficacité, ne peuvent pas répondre à tous les besoins militaires de la colonie.  En 1685, les autorités françaises décident donc d'envoyer ici en permanence 28 compagnies d'un détachement des Troupes de la Marine.  On les nomme communément Compagnies franches de la Marine.  Ces troupes avaient été créées en 1674 par le département de la Marine afin de défendre les navires et les colonies françaises.  La solde de ces soldats provient de la Marine.

Chaque compagnie est indépendante. La direction des différentes compagnies incombe au gouverneur de la Nouvelle-France.  Chaque capitaine recrute 50 soldats français qui s'engagent pour une période de six ans.  Après ce temps, les soldats peuvent retourner en France ou demeurer dans le pays.

Comme il n'y a pas de barraques pour les militaires avant 1750, les soldats sont logés chez les habitants qui doivent pour une certaine somme s'occuper de leur invité.  Les hivers canadiens ont toujours été longs ce qui force les soldats à passer de longues heures près du feu à causer avec les jolies canadiennes.  Aussi, n'est-il pas surprenant de voir le nombre élevé de mariages de soldats des Compagnies franches de la Marine avec les filles d'habitants canadiens.

Vers 1690, on ouvre des positions d'officiers des Troupes de la Marine à des nobles canadiens.  Cette ouverture se limite cependant à un officier par compagnie.  La noblesse canadienne va s'intéresser grandement à ces places d'officiers.  En 1690, le quart des officiers des Compagnies franches de la Marine seront des Canadiens.  En 1720, les trois-quarts des officiers seront canadiens.

Tout comme la milice canadienne, les Compagnies franches de la Marine vont adopter les techniques de la « petite guerre ».  Selon le capitaine Hertel de la Fresnière, la meilleure troupe pour la guerre se compose d'officiers canadiens connaissant bien le pays, de quelques soldats d'élite, de plusieurs miliciens canadiens habitués au climat, de quelques canotiers et de quelques amérindiens alliés.  Ces derniers servent dans le domaine de la logistique et peuvent également effrayer les colons américains que l'on va rencontrer.

En 1754, une expédition de 800 hommes comprenant des soldats des Compagnies franches de la Marine et des miliciens de Montréal, Québec et Trois-Rivières, descendent dans la vallée de l'Ohio afin d'affronter les troupes de milice des colonies américaines.  Bientôt, 132 miliciens américains vont affronter cette force armée à Fort Necessity.  Les Américains sont commandés par George Washington, un jeune lieutenant-colonel de 22 ans et futur président des États-Unis d'Amérique.

Lors de l'affrontement, les Américains vont se réfugier dans un fort et ils sont rapidement encerclés par les miliciens canadiens.  Suite à des pourparlers, George Washington capitule et accepte de signer un acte de reddition.  C'est le seul président des États-Unis qui ait capitulé devant un ennemi.

En 1755, 250 hommes et 600 Amérindiens vont anéantir l'armée d'Edward Braddock qui compte 1 500 hommes.  Ces petites escarmouches font partie des événements qui vont amener l'Angleterre à déclarer la guerre à la France en 1756.  Cette guerre, souvent appellée Guerre de Sept Ans, va amener la chute de la puissance française en Amérique.

Source : Mémoires de La Société généalogique canadienne-française, Cahier 46 no 1, printemps 1995, p. 29 et 30.
Photo Jacques Blaquière - Fort Chambly QC 1999
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2013.10.27